Récit road-trip en Dalmatie

Récit road-trip en Dalmatie

La préparation du voyage

Le choix de l’itinéraire

Avec mon compagnon, nous avons décidé au mois de février de partir en Croatie, et les 5 mois de préparation n’ont pas été de trop ! Première étape : petit tour sur internet pour réduire la zone où je souhaitais aller et ainsi concentrer les recherches. J’ai rapidement déterminé que ce serait la Dalmatie, de Zadar à Dubrovnik, et uniquement la côte.

La consultation des sites internet des compagnies de bus et de bateaux m’a permis de prévoir entièrement notre itinéraire avant de partir, choix que j’ai fait pour plusieurs raisons. D’une part, c’était le meilleur moyen de minimiser le budget, je n’aurais pas accès à internet une fois sur place pour comparer le prix des campings ou des bus. D’autre part, le périple dans les îles au sud de la Croatie a nécessité une organisation millimétrée : les laisons par bateau ne se font que quelquefois par semaine, et pour faire toutes les îles que je voulais dans le temps imparti, il n’y avait qu’une possibilité. Enfin, le fait que nous devions absolument partir le matin pour rallier un nouveau point de séjour a constitué une autre contrainte, car l’on ne pouvait pas prendre un bateau ou un bus en fin de journée sans être obligés de transporter nos valises avec nous toute la journée, ce qui était exclu. Si notre itinéraire est resté fixe, nous avons en revanche adapté les activités sur place à nos envies, à l’avancement de notre budget, etc.

Les billets d’avion

Nous sommes partis avec Raynair, une compagnie low-cost qui nous a permis de payer notre aller-retour à peine 67€ par personne (toutes taxes et frais inclus), tarif auquel s’est ajouté 50€ pour un bagage en soute. On a acheté nos billets mi-mai, période à laquelle ils étaient les moins chers. La Croatie ayant des accords billatéraux avec l’Union Européenne, une simple carte d’identité suffit pour passer la frontière. Par ailleurs, n’oubliez pas de demander avant de partir votre carte européenne d’assurance maladie auprès de la Sécurité Sociale. Elle est délivrée gratuitement sous une quinzaine de jours, et permet de vous faire soigner et / ou rapatrier en cas de problème de santé.

Les bagages

L’organisation des bagages

L’organisation des bagages nous a demandé pas mal de réflexion. Partant en camping, il était évident qu’une valise en soute était obligatoire, afin de transporter le matériel. Mais nous voulions prendre une Quechua 2 secondes qui permet d’installer et ranger son campement rapidement, et ne payer qu’une valise en soute. Nous avons donc finalement mis en soute un gros sac à dos de randonnée, sur lequel on a ficelé la tente ronde avec des lacets. Cela rentrait largement dans les dimensions autorisées par Raynair, et nous avons réussi à réduire le poids à 15kg. Quant au reste des bagages, nous avions droit à un bagage-cabine chacun, dont les dimensions maximales autorisées correspondent à un format de valise type Samsonite ; ce sont 2 bagages de ce style que nous avons donc pris. Finalement, nos valises n’ont jamais été pesées ni mesurées.

Voici la répartition de nos bagages telle qu’elle l’était au départ, pour pouvoir prendre l’avion. Une fois sur place, nous avons ensuite modifié un peu ce rangement pour que cela soit plus pratique.

Bagage en soute

  • 2 petits matelats autogonflants
  • 1 petit sac de couchage
  • 1 drap-housse
  • 1 rabanne pour la plage
  • Quelques paquets de biscuits pour le début du voyage
  • Les objets refusés en cabine (un marteau pour la tente, des couverts, la trousse de toilette, etc.)

Bagage cabine n°1

  • Les vêtements
  • Les serviettes de toilette
  • Les serviettes de plage
  • Les lunettes de soleil
  • Les chapeaux

Bagage cabine n°2

  • Un petit sac à dos roulé
  • Les masques et tubas
  • Les chaussures d’eau
  • Tout ce qui est pratique (un fil à linge, un jeu de cartes, les chargeurs d’appareils électroniques, des mouchoirs, un dictionnaire, une lampe de poche, etc.)

En arrivant dans un nouveau camping, on mettait environ 30 minutes à établir le campement : on dépliait la tente, posait les 2 petites valises à l’intérieur, vidait le gros sac à dos des affaires pour dormir et le re-remplissait avec les affaires pour la journée (les serviettes de plage, maillots, masques et tubas, la nourriture, etc.). Quand on ne devait emporter que peu de choses, on prenait le petit sac à dos. Lorsqu’on quittait un camping, nous prenions garde à ranger le maximum de choses le soir, et mettions 1 heure le matin pour nous lever, nous préparer et ranger notre campement.

Pour nous déplacer, notre chargement était plutôt lourd, mais nous n’avions jamais de longs trajets à faire à pied. Nous prenions beaucoup de place dans les transports en commun, mais c’était faisable. Néanmoins, je pense que les roulettes sur les petites valises sont indispensables.

Ce que l’on a emmené

Pour ce qui est des vêtements, nous avions pris de quoi tenir une semaine, et avons fait des lessives à mi-parcours. Le pantalon et le pull que nous avions chacun emportés n’ont jamais servi. Pour tous les produits d’hygiène, nous avions embarqué des échantillons dans des petites fioles pour économiser de la place. Quant aux chaussures d’eau, en Croatie elles sont absolument incontournables : les plages de sable sont rares, les rochers sont taillants et les oursins présents partout.

Nous avons d’autre part emmené avec nous un classeur de bord, dans lequel j’avais consigné notre itinéraire, ainsi que quelques renseignements collectés pendant nos recherches, et quelques phrases en croate. Je pense que l’achat d’un guide touristique sur la Croatie est essentiel, autant pour programmer votre voyage que pour avoir tout un tas de renseignements utiles une fois sur place (numéros de téléphone, plans des villes, etc.). Personnellement, nous ne sommes partis qu’avec un mini-dictionnaire anglais, et le même en croate nous a beaucoup manqué.

Pour ce qui est de l’argent, on avait décidé de prendre tout notre budget en espèces en euros depuis la France. En effet, retirer sur place s’accompagne d’environ 4% de commission (2% par votre banque + 2% par la banque croate). Nous avons donc préféré échanger l’argent sur place pour n’avoir que la commission de la banque croate. Contre toute attente, le bureau de change de l’aéroport n’avait en fait pas de redevance. On a réparti notre argent dans 6 porte-monnaies dispatchés dans nos divers bagages, pour ne pas risquer de se faire tout voler…

Notre itinéraire

Nous sommes partis du 6 au 20 Juillet 2012. Voici notre itinéraire avec le détail de nos déplacements et de ce que nous avons fait.

Jour 1
Vol Marseille – Zadar 6h35-8h05
Bus vers Dubrovnik 10h-20h 203 kunas

Jour 2
Ile de Lokrum
Vieille-ville de Dubrovnik

Jour 3
Ile de Koločep
Vieille-ville de Dubrovnik

Jour 4
Dubrovnik – Polače (île de Mljet) 9h15-10h50 54 kunas avec GV Line
Parc National de Mljet

Jour 5
Polače (île de Mljet) – Korčula (île de Korčula) 9h45-10h35 39 kunas avec GV Line
Lumbarda

Jour 6
Račišće
Vieille-ville de Korčula

Jour 7
Korčula (île de Korčula) – Hvar (île de Hvar) 6h-7h15 50 kunas avec Kapetan Luka,
puis bus jusqu’à Jelsa 33 kunas
Plage près du Camping Mina
Promenade du village médiéval de Galesnik

Jour 8
Plage du côté gauche du port

Jour 9
Jelsa (île de Hvar)- Bol (île de Brač) 9h-10h 35 kunas avec un bateau de tourisme
Plage de Zlatni Rat

Jour 10
Bol (île de Brač) – Split 7h35-8h45 40 kunas avec Jadrolinja
Palais de Dioclétien
Vieille ville de Split
Presqu’île du Marjan

Jour 11
Bus Split – Šibenik 8h30-10h 59 kunas
Bus Šibenik – Skradin 10h15-10h40
Parc National de Krka
Bus Skradin – Šibenik 17h-17h25
Visite de Šibenik
Bus Šibenik – Split 19h-20h35 59 kunas

Jour 12
Split – Zadar 9h–12h25 102 kunas
Presqu’île de Nin
Front de mer de Zadar

Jour 13
Bus Plitvice 8h30-10h30 157 kunas aller-retour
Parc National
Bus Plitvice – Zadar 17h15-19h15
Vieille-ville de Zadar

Jour 14
Visites annulées parce que l’on était malades…

Jour 15
Vol Zadar – Marseille 8h30-10h05

En bref, nous avons passé la première journée dans le bus, puis 2 jours à Dubrovnik, 1 journée sur l’île de Mljet, 2 jours sur Korčula, 2 jours sur Hvar, 1 jour sur Brač, 2 jours à Split et 3 jours à Zadar. Si ce rythme ne nous a évidemment pas permis de tout voir en détail, nous avons vu l’essentiel et nous n’avons pas eu l’impression d’aller trop vite et de ne jamais pouvoir souffler (comme cela avait été le cas pour notre voyage sur la Côte d’Azur). Notre temps dans les transports n’a également pas été un souci : nous dormions dans les bateaux qui étaient souvent tôt le matin, et seule la première journée pour descendre à Dubrovnik nous a embêtés… Néanmoins, si vous projetez un séjour semblable, je ne vous conseille pas d’aller plus vite : changer de campement tous les 2 jours est quand même contraignant, et cela constitue forcément une perte de temps.

Le budget

Nous avions un budget de 500€ par personne + 70€ chacun correspondant à la nourriture (mais que l’on soit en France ou en Croatie il faut bien que l’on mange, n’est-ce pas !). Voici la répartition de ce budget :

Kunas €
Avion 184
Déplacements 1 112 158
Transports urbains 534 76
Logement 2 270 322
Nourriture 1 002 142
Loisirs 1 700 242
Total 6 618 1 124

Nos déplacements correspondent aux « gros » trajets entre nos différents lieux de gîte. Le prix des transports urbains nous a paru très élevé : il faut compter généralement 2€ pour un petit trajet en ville, sans correspondance possible. Pour les campings, en prenant systématiquement les moins chers, on est parvenus à une moyenne de 23€ par nuit.

Au sujet de notre budget-nourriture, étant donné que nous n’avions pas de quoi cuisiner, nous avons mangé exclusivement du pain, du fromage et des biscuits. Nous avons néanmoins savouré des glaces quasiment tous les soirs et avons dîné 2 fois dans une pizzeria.

Enfin, concernant les loisirs, les seuls que l’on a payés ont été les entrées pour les Parcs nationaux et les bus vers beaucoup de lieux de promenade différents. Mais il est vrai que l’on n’a pas fait de sports nautiques, ou n’avons pas pu nous offrir la visite des remparts de Dubrovnik. Malgré cela, on n’a pas eu l’impression de s’être privés. Nous avons pleinement rempli notre objectif de s’offrir deux semaines de vacances avec le budget d’une semaine en club, tout en voyant beaucoup plus de choses !

Nos impressions générales sur la Croatie

Les paysages

La Croatie a des paysages marins absolument magnifiques. Ayant déjà fait la Guadeloupe, j’ai pourtant trouvé que certains endroits était encore plus beaux. De façon générale, il s’agit de paysages typiquement méditerranéens, avec de la pinède, des bords de mer rocheux et une eau turquoise. Mais c’est encore plus joli que ce que l’on peut voir de mieux en France. Nous avons aussi apprécié le fait que, malgré la foule dans les villes, il soit tout le temps possible de trouver des coins déserts au bord de l’eau. Si je devais choisir ce qui m’a le plus plu, ce serait Dubrovnik et ses îles environnantes.

L’accueil des croates

Concernant les croates, nous les avons trouvés souvent malaimables. Dans le bus ou à la boulangerie, c’est très souvent que les commerçants se trompaient délibérément en nous rendant la monnaie, et rouspétaient quand on leur faisait remarquer. Nous avons également été confrontés de nombreuses fois à des chauffeurs de bus très désagréables, et il était même rare que l’un d’entre eux nous dise bonjour. Paradoxalement, cette mauvaise impression concerne principalement les métiers liés au tourisme, et les locaux étaient gentils et enclins à nous aider.

Les transports en commun

Pour revenir aux trajets en bus, les prix et les horaires varient beaucoup selon les compagnies. Le site internet Autotrans recensent les horaires de l’ensemble des compagnies, mais vérifiez quand-même les horaires en gare routière quand vous y serez, car elles sont souvent incomplètes. Par ailleurs, méfiez-vous des tarifs étudiants indiqués sur le site Autotrans : ils ne concernent que les étudiants croates ! Nous en avons fait la désagréable expérience sur place, car cela a constitué une sévère hausse de budget… Pour les voyages en bus, vous pouvez aussi consulter le site AKZ. En outre, faites attention aux retards systématiques des autocars : peu importe la ville ou la compagnie, il faut compter environ 20% de temps en plus que l’horaire prévue.

Les billets de bus s’achètent aux comptoirs des gares routières pour avoir des places assises attribuées, et une dizaine de minutes avant le départ suffit. Méfiez-vous, car l’on vous délivrera vos tickets même si le bus est plein, et on a vu à de nombreuses reprises des gens rester debout pendant des trajets de 2 heures ou plus. Attention aussi, les bagages en soute vous coûteront 7 kunas. Pour les bus de ville, il n’y a malheureusement pas de tarifs de gros, comme des pass journaliers illimités, des carnets de 10 tickets, ou même des aller-retours.

Au sujet des déplacements en bateau, les principales compagnies sont Jadrolinja et GV Line. GV Line dessert moins de villes que Jadrolinja, mais est moins cher et plus rapide (ce sont des catamarans). Aucune réservation n’est possible, et il faut généralement se présenter une demi-heure ou une heure avant le départ pour prendre son ticket. Nous n’avons jamais eu besoin d’arriver plus tôt pour être sûrs d’avoir de la place.

La carte étudiant internationale

Si votre carte étudiant n’est pas internationale (ISIC), vous pouvez vous en faire délivrer une pour 13€. C’est personnellement ce que nous avons fait, mais nous l’avons à peine rentabilisée. Nous nous n’en sommes servis que 3 ou 4 fois, pour l’entrée du palais de Dioclétien et quelques Parcs nationaux.

La langue

La pratique de l’anglais est très inférieure à ce à quoi nous nous attendions, et la communication en est plus difficile. Voilà pourquoi je vous conseille vivement d’emporter un dictionnaire croate. Nous avons fait l’expérience que ne serait-ce que lire des horaires de bus est très compliqué, lorsque l’on ne sait pas traduire certains mots simples comme les jours de la semaine. Il est également indispensable d’apprendre à prononcer les mots croates avant de partir, sinon il vous sera impossible de demander votre chemin. Pour cela, il existe de nombreux guides de prononciation sur internet, comme celui-là.

Les campings

Nous nous ne pouvons pas tellement juger de la qualité des campings croates, puisque nous n’avons testé que les moins chers. Mais parmi tous ceux auxquels on a dormi, seul un nous a vraiment séduits (à Dubrovnik). Plusieurs détails sont différents qu’en France. D’une part, il est courant que les douches soient ouvertes ou fermées par un simple rideau ; visiblement les croates ne sont pas pudiques… Deuxièmement, il y a systématiquement du savon, du papier toilette et même des mouchoirs dans les sanitaires, ce qui est très plaisant.

Le climat

En principe, la cote dalmate est marquée par le même climat que la Côte d’Azur, avec parfois quelques degrés de plus. Dans la pratique, nous avons effectivement trouvé le climat au dessus de Šibenik semblable à celui que nous connaissions. En revanche, nous avons eu extrêmement chaud pendant la première partie de notre séjour, entre Dubrovnik et Split. J’ignore si c’est habituel, mais il faisait 35° la journée et 25° la nuit. Il est clair que découvrir la Croatie en cette période empêche de faire pas mal d’activités à cause de la chaleur. Si nous nous sommes baignés dans de nombreux endroits fabuleux, nous avons quand-même regretté de ne pas pouvoir faire des balades nécessitant de marcher un peu…

La nourriture

Etant donné notre budget, nous n’avons pas eu l’occasion de goûter aux spécialités culinaires croates. Cependant, nous avons quand-même découvert l’intérêt de ce peuple pour le pašteta, sorte de pâté au poisson qui a une place conséquente dans les rayons des supermarchés. Goûtez aussi au pain croate, qui a la texture d’une brioche. Nous avons également adoré le burek, une sorte de tarte de feuilles de brick, garnie de fromage de type feta et passée dans l’huile. C’est une spécialité excellente des pays de l’est, que vous trouverez dans la plupart des boulangeries pour 15 kunas.

Il y a beaucoup de supermarchés et de supérettes, même sur les îles où l’on craignait avoir du mal à trouver de quoi manger. Konzum est sûrement le plus répandu. Les prix sont plus ou moins les mêmes que ceux pratiqués en France.

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Les carnets de voyage de Julie

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Coach et bloggeuse, j'adore me sentir bien dans ma peau et partager. N'hésitez pas à m'écrire et me suivre sur les réseaux sociaux.

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